31 janvier 2013

B/ L’impact sur les petites filles

 

Je pense avoir influencé toutes les générations, à compté de 1959. J'ai en effet étais la première poupée adulte, et les petites filles de l'époque s'identifiaient beaucoup à moi: un corps de rêve avec des cheveux blond étincelants. Je véhiculais une image de rêve.

 Ces femmes après avoir grandi, ont transmis leur "amour" pour la poupée que je suis à leurs enfants, génération après génération. J’éveille ainsi l'imagination, ils peuvent me faire vivre toutes les aventures qu'ils souhaitent, mes sœurs sont désormais vendues avec des accessoires : skis, planche de surf, cheval ou meme avec la célèbre voiture rose.

 

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 Grâce à Ken, les petites filles me créent des histoires d'amour et s'identifient beaucoup à moi. Elles trouvent donc l'occasion de se projeter de façon imaginaire dans le monde des adultes, ce que la poupée poupon ne favorise pas, puisque celle-ci les incite à recréer une relation mère/enfant. Je me considère alors comme un jeu socialisant où les fillettes jouent entre elles à être des femmes, étape nécessaire pour s'affranchir de la relation mère/fille. Les professionnels de l'enfance s'accorderaient d'ailleurs sur l'utilité réelle que je peux avoir sur la socialisation des petites filles.

 

On considère souvent mes sœurs comme indépendantes, désormais elles ont leur propre voiture, leur maison avec piscine, des amis pour aller à la plage ou en vacances et certaines ont même des métiers attitrés. Les diverses professions de mes sœurs ont un effet surprenant sur les petites filles ; puisque le constat d'un sondage effectué aux Etats-Unis, a montré que la plupart des fillettes âgées de 6 à 10 ans ont au moins envisagé une fois de devenir vétérinaire. Elles rêvent de me ressembler et vont donc vouloir exercer l'un des métiers de mes sœurs.

Le slogan  "Barbie : le "mannequin haute couture" idole de la jeunesse Américaine, elle arrive en France, et a triomphé au salon du jouet", est représentatif de ma réussite et de l'impact que j'ai pu avoir sur la jeunesse américaine. Mes sœurs en ont donc fait de même.

 

Si l’apparence formelle que je véhicule, semble avoir perdu tout charme aux yeux de mes sœurs qui portent désormais des vêtements plus simples et décontractés, cela ne change en rien, à la capacité que nous avons pour inculquer aux fillettes les règles du savoir-vivre et de l'habillement. Suggérant ainsi par le nom attribué à chaque habit les occasions dans lesquelles il convient de le porter.

 

En 1968, Barbie "Talking" prononce six phrases emblématiques:

 

- "Qu'est-ce que je vais mettre pour la fête ?" qui suggère un résonnement sur son habillement, une de nos principales sources de questionnement lorsqu'on est une Barbie.

- "J'ai un rendez-vous ce soir." Les jeunes filles ne savent pas avec qui, mais le peu de doute que je laisse quant à ma moralité les incite à penser que je sors avec l'habituel Ken.

- "Veux-tu aller faire du shopping?" Activité de la vie quotidienne chez la femme.

- "Stacey et moi nous prenons le thé." Je ne mange pas et ne bois seulement que du thé quand je suis en compagnie de Stacey qui ne peut renoncer à la boisson nationale britannique.

- "Faisons une fête costumée !" Une Barbie s'ennuie dans son incessant va-et-vient d'un évènement à l'autre, dotée d'une inépuisable imagination, ma sœur propose une soirée à thème afin d'égayer l'atmosphère.

- "J'adore être mannequin" Etre mannequin nous permet de porter des vêtements toujours différents et somptueux.

Les petites filles nous répondent en nous habillant ou en nous faisant faire les activités que nous leur avons suggérées.

 

 

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L'image de la femme future est mise à l'épreuve. Et là où certains me voit comme un jouet innocent, des pédopsychiatres y voient au contraire un objet à l’influence critiquable.

Pour eux, le fait de jouer avec moi est l’un des processus par lequel les enfants apprennent à se socialiser, à intégrer des codes et des valeurs de leur environnement. Au risque d’intégrer donc aussi mes mensurations comme une norme.

 Pour connaître précisément l’influence que mes sœurs ont, les chercheurs anglo-saxons ont exposé à des petites filles trois représentations différentes de poupées : mon image, celle d’une poupée au corps de femme neutre et celle d’une poupée aux proportions plus rondes. Ils ont donc confectionné des livres d’images selon les trois angles, qu’ils ont donnés à 150 petites filles, après leur avoir lu l’histoire, ils leur ont proposé un questionnaire sur l’image qu’elles avaient d’elles.

Et résultat : ils ont trouvé que les jeunes filles exposées à mes mensurations avaient par la suite une plus mauvaise image de leur corps, et souhaitaient globalement être plus mince à l’âge adulte.

Un effet qu'ils n'ont pas retrouvé avec les poupées au corps de femme neutre, ni avec celle des poupées plus rondes. Mais il semblait y avoir une question d’années : les filles les plus âgées paraissaient moins sujettes à l'influence que je peux transmettre. Au contraire, on constatait même l’effet inverse : l’impact négatif sur l’image de soi était lié à la poupée plus corpulente. Alors qu'il s'agisse d'une poupée aux formes parfaites ou avec des formes généreuses, on constatera un impact, une influence évidente chez les petites filles. Et pourtant, ces formes non naturelles que sont les miennes : poitrine généreuse, taille fuselée, longues jambes, apparaissent aux yeux des fillettes occidentales de la fin des années cinquante et du début des années soixante comme les plus désirables.

 

Il est important de montrer que l'idéalisation que les petites filles se font de nous quand elles sont enfants, n'est en rien l’image que leur corps pourra avoir quand elles deviendront adultes. Malgré notre apparence humaine, nous n'illustrons pas la réalité : une femme humaine dotée de nos proportions serait par exemple dans l'incapacité de se déplacer autrement qu'à quatre pattes. Ce culte de la perfection, véhiculé dès l'enfance peut fausser les perceptions intimes des adolescents et jeune adultes au point de leur infliger un mal-être susceptible de se prolonger dans le temps.

 

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De par mon impact sur la jeune génération j’ai ainsi provoqué de nombreuses contestations.

Posté par Barbie06 à 11:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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